Résultats du spermogramme : comment les interpreter

L’analyse du sperme, également connue sous le nom de spermogramme, est un test essentiel dans l’étude de l’infertilité masculine. Elle fournit des informations précieuses sur la qualité du sperme et la santé reproductive de l’homme.
Ci-dessous, le Dr. Beatriz Lozano nous explique comment interpréter les résultats d’un spermogramme ou d’une analyse de sperme.

Qu’est-ce qu’un spermogramme ?
Le spermogramme, souvent désigné comme l’analyse de sperme, est un examen essentiel pour évaluer la qualité du sperme et explorer la fertilité masculine. Ce test, qui constitue la première étape dans l’investigation des problèmes de fertilité, examine divers paramètres. Il inclut des mesures macroscopiques, telles que le volume, la viscosité et le pH, ainsi que des données microscopiques, portant sur le nombre, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes.
Cet examen est crucial pour identifier d’éventuelles anomalies qui pourraient influencer la fertilité du couple. Pour en savoir plus sur les causes de l’infertilité masculine ou les pathologies du sperme , nous vous invitons à consulter notre section dédiée sur l’infertilité masculine.
Pourquoi mon médecin m’a prescrit un spermogramme ?
Bilan d’infertilité du couple
Dans le cadre d’un parcours de Procréation Médicalement Assistée (PMA), votre médecin peut recommander un spermogramme afin d’évaluer la fertilité masculine.
Cet examen est fondamental pour détecter d’éventuelles anomalies dans la qualité du sperme, ce qui est essentiel pour comprendre les difficultés à concevoir et optimiser les chances de réussite du traitement.
Bilan après certaines maladies (varicocèle, chimiothérapie, etc.)
En cas de maladies telles que le varicocèle ou après des traitements comme la chimiothérapie, un spermogramme est souvent nécessaire. Cet examen aide à mesurer l’impact de ces conditions sur la qualité du sperme, fournissant des informations précieuses pour adapter le parcours de PMA et maximiser les chances de conception.
Comment se déroule une analyse de sperme ?
L’analyse de sperme est un examen simple, rapide et sans douleur. Notre équipe met tout en œuvre pour que vous vous sentiez à l’aise à chaque étape.
Le jour de l’examen
Le jour du spermogramme, vous êtes accueilli dans notre clinique de fertilité en Espagne par une équipe bienveillante et discrète. Nous mettons à votre disposition une salle dédiée, pensée pour votre confort et votre tranquillité. L’environnement est calme, intime et conçu pour réduire le stress lié à l’examen. Vous n’êtes pas seul dans cette démarche : notre personnel est disponible pour répondre à vos questions avant et après le recueil.
Recueil de l’échantillon, pas à pas
Le recueil s’effectue par masturbation, dans la salle prévue à cet effet au sein de la clinique. Voici les étapes à suivre :
- Hygiène : lavez-vous soigneusement les mains avant le prélèvement.
- Récipient stérile : utilisez uniquement le contenant fourni par la clinique.
- Totalité de l’éjaculat : il est important de recueillir l’intégralité de l’échantillon pour garantir la fiabilité des résultats du spermogramme.
- Prélèvement à domicile : si vous préférez recueillir l’échantillon chez vous, veillez à l’apporter au laboratoire dans l’heure qui suit, en le conservant à température corporelle.
Comment me préparer à mon spermogramme ?
Une bonne préparation est essentielle pour obtenir des résultats du spermogramme fiables et représentatifs de votre fertilité masculine. Voici les consignes simples à suivre avant votre analyse de sperme.
Respecter la période d’abstinence
La durée d’abstinence sexuelle est un facteur clé pour la qualité de l’échantillon.
- 2 à 4 jours d’abstinence sont recommandés avant le recueil.
- Une abstinence inférieure à 2 jours peut réduire le nombre de spermatozoïdes.
- Une abstinence supérieure à 4 jours peut affecter leur mobilité.
Ce qu’il faut éviter
Certaines pratiques peuvent fausser les résultats de votre spermogramme :
- Le coït interrompu : une partie de l’éjaculat peut être perdue.
- Les préservatifs classiques : ils contiennent des spermicides qui altèrent la qualité du sperme.
- Les lubrifiants spermicides : même effet négatif sur les spermatozoïdes.
- Recueillir un échantillon incomplet : la totalité de l’éjaculat est indispensable pour une analyse fiable.
Informer votre médecin
Avant votre analyse, signalez systématiquement à l’équipe médicale :
- Tout traitement médicamenteux en cours (certains médicaments peuvent impacter la qualité du sperme).
- Un épisode fiévreux récent (une fièvre dans les 3 mois précédents peut temporairement affecter la production de spermatozoïdes).
- Toute maladie récente pouvant influencer vos résultats.
Quelle est la couleur normale du sperme ?
La couleur normale du sperme est généralement blanchâtre, grisâtre ou légèrement jaunâtre, avec un aspect opalescent. Sa consistance est habituellement homogène et visqueuse juste après l’éjaculation, puis elle devient plus fluide au bout de 15 à 30 minutes, ce qui correspond à un phénomène normal de liquéfaction.
Des variations ponctuelles de couleur peuvent apparaître sans gravité particulière, notamment en fonction de l’alimentation, de l’âge, de la fréquence des éjaculations ou d’une période d’abstinence plus longue. En revanche, si le sperme présente de manière répétée une couleur très jaune, transparente, rougeâtre, brune, rosée ou verdâtre, il est conseillé de consulter un spécialiste.
- Blanc, gris clair ou jaune pâle : aspect habituellement normal.
- Jaune plus marqué : peut être lié à une abstinence prolongée, à l’alimentation ou à un mélange avec de l’urine.
- Transparent ou très liquide : peut parfois évoquer une faible concentration en spermatozoïdes, notamment après des éjaculations fréquentes.
- Rouge, marron ou rosé : peut indiquer la présence de sang dans le sperme (hématospermie).
- Vert : peut faire évoquer une infection et nécessite une évaluation médicale.
La couleur seule ne suffit pas à évaluer la fertilité masculine, mais elle peut orienter vers certaines anomalies. C’est pourquoi, en cas de doute, il est important d’interpréter ce signe dans le cadre d’un spermogramme complet.
Comment interpréter les résultats du spermogramme ?
Un spermogramme compare vos résultats à des valeurs de référence (celles de l’OMS, mises à jour en 2021). L’idée n’est pas de “réussir” ou “échouer”, mais de comprendre où se situent vos paramètres et ce que cela peut impliquer pour votre projet de grossesse.
Un point important : un seul paramètre un peu bas ne veut pas dire infertilité, et les résultats peuvent varier (fièvre récente, stress, tabac, abstinence, infection, etc.). C’est pour cela qu’on propose souvent un second spermogramme pour confirmer.
Analyse macroscopique : ce qu’on observe à l’œil nu
Avant le microscope, le laboratoire regarde surtout “l’enveloppe” de l’échantillon :
- Volume : c’est la quantité de sperme (repère OMS : ≥ 1,4 ml). Un volume bas peut venir d’un recueil incomplet, d’une abstinence courte ou, plus rarement, d’un souci d’éjaculation ou de glandes annexes.
- Liquéfaction : juste après l’éjaculation, le sperme est plus épais puis il doit devenir plus liquide. Si la liquéfaction est lente, cela peut gêner l’analyse et parfois la mobilité.
- Viscosité : c’est le côté plus ou moins “filant/épais”. Un sperme très visqueux peut être lié à une inflammation, une déshydratation ou un problème de sécrétions.
- Couleur : le plus souvent gris-blanchâtre. Une couleur très différente peut faire évoquer une infection, une inflammation ou (rarement) du sang, et mérite un avis médical.
- pH : il reflète l’équilibre des sécrétions (repère OMS : 7,2 à 8,0). Un pH anormal peut orienter vers un trouble des glandes ou une infection.
Analyse microscopique : ce que l’on regarde au microscope
C’est la partie la plus informative. On évalue surtout le nombre, le mouvement et la forme des spermatozoïdes.
- Concentration de spermatozoïdes: combien il y a de spermatozoïdes. Le compte rendu donne souvent “par ml” et “au total”. Repères OMS : ≥ 16 millions/ml et ≥ 39 millions au total. Moins il y en a, plus la rencontre avec l’ovocyte peut être difficile… mais la PMA peut compenser.
- Mobilité : est-ce qu’ils se déplacent, et surtout est-ce qu’ils avancent “dans la bonne direction”. On retrouve souvent :
- mobilité totale (tout mouvement) : repère ≥ 40 %
- mobilité progressive (ils avancent) : repère ≥ 30 %
- Vitalité : ce paramètre répond à une question simple : “sont-ils vivants ?” (repère ≥ 54 % vivants). Il est très utile quand la mobilité est très basse, pour savoir si les spermatozoïdes sont immobiles mais vivants, ou non viables.
- Morphologie : la forme (tête, pièce intermédiaire, queue). Repère OMS : ≥ 4 % de formes typiques (critères stricts). Un chiffre bas peut réduire les chances naturelles, mais n’empêche pas toujours de concevoir, et l’ICSI peut aider si besoin.
- Autres cellules (leucocytes, cellules épithéliales) : si les leucocytes sont élevés (souvent repère > 1 million/ml), cela peut évoquer une infection/inflammation à traiter, car elle peut affecter la qualité du sperme.

Comptage des spermatozoïdes mobiles : REM / CSM (qu’est-ce que c’est ?)
Sur certains comptes rendus, vous verrez “REM” ou “CSM”. Cela correspond au nombre de spermatozoïdes mobiles récupérés après préparation en laboratoire. En clair : on “nettoie” l’échantillon et on garde les spermatozoïdes les plus mobiles, ceux qui ont le plus de chances d’être efficaces en PMA.
- À quoi ça sert ? À choisir la technique la plus adaptée (rapports, insémination, FIV, ICSI) et à optimiser l’échantillon.
- Comment on prépare l’échantillon ? Le labo utilise des méthodes comme le swim-up (les meilleurs “nageurs” montent) ou les gradients de densité (tri par qualité).
- Comment ça oriente la PMA ? À titre indicatif :
- > 5 millions mobiles : insémination (IA) souvent possible
- 1 à 5 millions : FIV souvent discutée
- < 1 million : ICSI souvent la plus adaptée
Ces seuils ne remplacent pas l’avis médical : l’âge, la durée d’infertilité et le bilan du couple comptent autant.

Que signifient des résultats anormaux d´un spermogramme ?
Quand on reçoit un spermogramme, certains termes peuvent faire peur… alors qu’ils décrivent surtout une “photo” de la production de spermatozoïdes à un instant T. Beaucoup de paramètres varient naturellement (stress, fièvre récente, tabac, alcool, surpoids, médicaments, abstinence trop courte ou trop longue, infection, chaleur, etc,..L’important n’est pas de paniquer sur un mot isolé, mais de comprendre ce qu’il implique concrètement pour votre fertilité et quelles solutions existent.
Volume faible (hypospermie)
Hypospermie signifie simplement que le volume de l’éjaculat est plus faible que la normale. Cela peut être lié à une collecte incomplète (ça arrive très souvent), une abstinence courte, une déshydratation, certains médicaments, ou plus rarement à un problème d’éjaculation (éjaculation rétrograde), une obstruction partielle des canaux, ou une atteinte des glandes annexes (prostate, vésicules séminales).
Impact sur la fertilité : un volume bas n’empêche pas forcément une grossesse si la concentration et la mobilité sont correctes, mais il peut réduire la “quantité totale” de spermatozoïdes disponibles.
Concentration basse (oligozoospermie)
Oligozoospermie veut dire que la concentration de spermatozoïdes par millilitre est basse. C’est l’un des termes les plus anxiogènes, mais il faut le dire clairement : une concentration basse ne signifie pas forcément stérilité. On voit des grossesses naturelles avec des chiffres modestes, et surtout, la prise en charge en PMA offre plusieurs options selon le contexte (durée d’infertilité, âge, autres facteurs).
Souvent, on peut optimiser (hygiène de vie, traitement d’une cause, compléments ciblés si indiqués) et adapter la stratégie (rapport programmé, insémination, FIV).
Mobilité réduite (asthénozoospermie)
Asthénozoospermie signifie que les spermatozoïdes ont une mobilité diminuée : ils avancent moins bien ou moins vite. Imaginez une course d’obstacles : si la mobilité est faible, il devient plus difficile pour eux d’atteindre l’ovocyte à travers le col et l’utérus, surtout quand d’autres paramètres sont limites.
Causes possibles : infection/inflammation, stress oxydatif (tabac, pollution), varicocèle, fièvre récente, anomalies de la queue du spermatozoïde, ou conditions de recueil/transport.
En PMA, si la mobilité est trop faible pour une insémination efficace, la FIV peut aider, et si besoin la FIV-ICSI (injection d’un spermatozoïde dans l’ovocyte) contourne largement la difficulté de déplacement.
Morphologie altérée (tératozoospermie)
Tératozoospermie signifie que la forme des spermatozoïdes est souvent atypique (tête, pièce intermédiaire, flagelle). C’est un point qui inquiète beaucoup, surtout quand on lit “formes normales : 4%”. Pourtant, ce chiffre peut être tout à fait compatible avec une fertilité, car l’important est qu’il existe une proportion de spermatozoïdes bien formés, même minoritaire : ce sont eux qui ont le plus de chances de féconder.
Quand la morphologie est très altérée (et/ou associée à faible nombre et mobilité), la FIV-ICSI devient souvent l’option la plus efficace, car l’embryologiste sélectionne un spermatozoïde pour l’injection. Et dans la vraie vie clinique, on voit régulièrement des couples obtenir une grossesse malgré une morphologie “pas parfaite”, une fois la stratégie bien adaptée.
Azoospermie et nécrozoospermie
- Azoospermie : absence de spermatozoïdes dans l’éjaculat. Cela peut être obstructif (spermatozoïdes produits mais bloqués) ou sécrétoire (production très faible/absente). Dans tous les cas, ce mot ne doit pas être interprété comme une “fin de parcours” : un bilan approfondi (hormones, examen clinique, échographie, génétique selon le contexte) permet de préciser la cause, et il existe souvent des options (ponction/biopsie testiculaire avec ICSI, prise en charge hormonale dans certains cas, etc.).
- Nécrozoospermie : les spermatozoïdes sont majoritairement non vivants. Cela peut être lié à une infection, une inflammation, un stress oxydatif important, ou un problème de recueil/transport. Là aussi, on confirme et on explore, car le traitement dépend de la cause et la PMA peut proposer des solutions adaptées.
Si vous venez de lire un de ces termes sur votre compte rendu, le plus utile est de le replacer dans votre histoire (délai d’attente, âge, antécédents, symptômes, facteurs de mode de vie) et d’établir un plan clair. À Vida Fertility, nous prenons le temps de vous expliquer chaque mot , sans minimiser vos émotions, et surtout en vous proposant une stratégie réaliste, étape par étape.
Réservez une consultation à Vida Fertility pour interpréter votre spermogramme avec un spécialiste et décider ensemble de la meilleure suite.
Résultats du spermogramme : quelles conséquences pour nos chances de grossesse ?
Un spermogramme donne des indications précieuses, mais il ne prédit jamais à lui seul vos chances de grossesse : ce qui compte, c’est l’ensemble du contexte (âge, durée d’essais, fréquence des rapports, antécédents, facteur féminin, etc.).
Si le spermogramme est normal et que la grossesse tarde, on élargit le regard : un bilan de couple permet souvent d’identifier d’autres éléments (ovulation, réserve ovarienne, trompes, endométriose, paramètres hormonaux, timing, etc.).
Si le spermogramme est légèrement altéré, une grossesse naturelle reste tout à fait possible, surtout si l’âge est favorable et que la durée d’infertilité est courte.
Si le spermogramme est très altéré, on oriente plus rapidement vers la PMA, notamment FIV ou ICSI, car ces techniques contournent les obstacles et offrent des taux de succès concrets : le message important, c’est qu’il existe presque toujours une stratégie adaptée, même quand les résultats paraissent inquiétants au premier regard.
Peut on améliorer ses résultats de spermogramme ?
Oui, dans beaucoup de cas on peut améliorer les résultats du spermogramme, surtout quand l’altération est légère à modérée. Il faut garder en tête une chose essentielle : la fabrication des spermatozoïdes prend environ 2 à 3 mois.
Donc les changements (hygiène de vie, traitements, correction d’un facteur) se voient rarement “en quelques jours”.
L’objectif n’est pas la perfection, mais de créer les meilleures conditions possibles pour la qualité du sperme et, si besoin, d’orienter rapidement vers la bonne prise en charge.
Faire un spermogramme dans notre clinique de fertilité Vida Fertility
Vous envisagez de réaliser une analyse de sperme ? Venez faire une analyse de sperme à Madrid dans notre clinique de fertilité Vida Fertility.
Le processus est simple, car l’analyse du sperme ne nécessite pas de méthodes invasives. Elle sera réalisée à la clinique de fertilité ou à domicile et nous recommandons toujours de ne pas avoir de rapports sexuels pendant les 2 et 4 jours précédant la masturbation.
Le rapport complet avec les résultats de l’analyse de sperme sera remis au patient un ou deux jours après l’analyse et toutes les valeurs et les doutes non résolus seront discutés.
Azoospermie et nécrozoospermie
Questions fréquentes sur les résultats du spermogramme
Combien de temps faut-il pour obtenir les résultats d’une analyse de sperme ?
Les résultats du spermogramme de base sont généralement disponibles le jour même où l’échantillon est déposé. Cependant, certaines techniques, telles que le REM, la vitalité ou la morphologie, prennent plus de temps et la livraison de ces résultats peut être retardée de deux ou trois jours.
Comment savoir si mon spermogramme est “bon” ou “mauvais” ?
On regarde l’ensemble des paramètres, pas un seul chiffre, et on interprète selon votre histoire (âge, durée d’essais).
Est-ce qu’un spermogramme normal garantit que je suis fertile ?
Non. Il rassure, mais ne garantit pas une fertilité parfaite (il existe d’autres causes).
Un spermogramme anormal signifie-t-il que je ne pourrai jamais avoir d’enfant ?
Non. Beaucoup d’anomalies se corrigent ou se contournent avec la PMA (IA, FIV, ICSI).
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