Le microbiome endométrial pourrait-il avoir une incidence sur la fertilité ? Le Dr Anaïs Kilian présente ses travaux de recherche lors du congrès DGGG 2026 à Munich

Après des transferts d’embryons infructueux ou des fausses couches, il est compréhensible de vouloir une explication plus claire avant de passer à l’étape suivante.
Des recherches ont mis en évidence un lien entre l’endométrite chronique et les modifications de la flore bactérienne présente dans la muqueuse utérine. Cependant, cela ne prouve pas que ces modifications provoquent l’infertilité, ni que le traitement du microbiome endométrial améliore les chances d’avoir un bébé.
Le Dr Anaïs Kilian présentera un poster de recherche sur ce sujet lors du 66e congrès de la Société allemande de gynécologie et d’obstétrique (DGGG), qui se tiendra à Munich du 21 au 24 octobre 2026.

- Quelle recherche le Dr Anaïs Kilian présente-t-elle ?
- Qu’est-ce que l’endométrite chronique ?
- Quel était l’objectif de cette revue ?
- Comment la recherche sur le microbiome endométrial a-t-elle été menée ?
- Quelles conclusions ont été tirées de cette revue sur le microbiome endométrial ?
- Que signifient ces résultats sur le microbiome endométrial pour la santé reproductive ?
- Que faire si le microbiome endométrial vous préoccupe ?
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Quelle recherche le Dr Anaïs Kilian présente-t-elle ?
Le poster présente « Le rôle du microbiote endométrial dans la pathogenèse de l’endométrite chronique : une revue systématique et une méta-analyse », publié dans Biomedicines le 10 avril 2026, volume 14, numéro 4, article 871.
La Dre Kilian est co-auteure de cette publication aux côtés d’Angela Vidal, Vithusha Vinayahalingam, Branislav Zagrapan, Janna Pape, Tanya Karrer et Michael von Wolff. Angela Vidal et Anaïs Y. Kilian ont contribué à parts égales à ces travaux.
Une revue systématique rassemble des études traitant d’une question spécifique. Une méta-analyse combine des résultats numériques comparables afin d’examiner l’ensemble des données disponibles.
La revue a porté sur 22 études impliquant 4 022 femmes. Parmi celles-ci, 2 947 ont fourni des données comparables sur les micro-organismes pour la méta-analyse. Ces chiffres décrivent des populations de recherche existantes, plutôt que des patientes incluses dans un nouvel essai clinique.
Qu’est-ce que l’endométrite chronique ?
L’endométrite chronique est une inflammation persistante de l’endomètre, le tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Elle s’accompagne souvent de peu de symptômes, voire d’aucun.
Elle a été associée à des échecs d’implantation récurrents, à des fausses couches à répétition et à une infertilité inexpliquée. Ces associations ne signifient pas pour autant qu’elle explique tous les cas d’échec de transfert ou de fausse couche.
Cette affection diffère de l’endométriose, dans laquelle un tissu similaire à la muqueuse utérine se développe en dehors de l’utérus.

Quel était l’objectif de cette revue ?
La revue avait pour objectif d’évaluer de manière systématique et de réaliser une méta-analyse de l’association entre l’endométrite chronique (EC) et les modifications du microbiome endométrial, ainsi que de ses implications pour la santé reproductive.
Comment la recherche sur le microbiome endométrial a-t-elle été menée ?
Les chercheurs ont effectué des recherches dans MEDLINE, Embase, Web of Science, Scopus, Cochrane CENTRAL et Google Scholar afin de trouver des études diagnostiquant l’EC par immunomarquage au CD138 et évaluant le microbiote endométrial à l’aide de techniques moléculaires.
Ils ont extrait les données pertinentes, évalué la qualité des études et réalisé une méta-analyse lorsque des résultats comparables étaient disponibles.
Quelles conclusions ont été tirées de cette revue sur le microbiome endométrial ?
La revue systématique a porté sur 22 études impliquant 4 022 femmes. La CE a été associée à une prévalence plus faible d’un microbiote dominé par Lactobacillus et à une détection plus fréquente d’espèces autres que Lactobacillus, en particulier Streptococcus spp., Enterococcus spp., Escherichia coli, Staphylococcus spp., Ureaplasma spp. et Gardnerella vaginalis.
La méta-analyse a porté sur 2 947 femmes. Les espèces d’Enterococcus et d’Ureaplasma étaient significativement plus fréquentes chez les femmes présentant une CE. Dans le cas des espèces de Streptococcus, d’E. coli, de Staphylococcus et de G. vaginalis, les tendances observées n’ont pas atteint le seuil de signification statistique.
Des différences significatives entre les résultats des études — ce que l’on appelle l’hétérogénéité — n’ont été constatées que dans le cas d’E. coli et de Streptococcus spp.
Que signifient ces résultats sur le microbiome endométrial pour la santé reproductive ?
La CE a été associée à une dysbiose microbienne : un déséquilibre bactérien caractérisé par une prédominance moindre de Lactobacillus et une augmentation des micro-organismes potentiellement pathogènes, en particulier Enterococcus et Ureaplasma spp.
Ces résultats suggèrent que le microbiome endométrial pourrait contribuer à l’inflammation chronique et à des issues reproductives défavorables. Ils n’établissent toutefois pas de lien de causalité.
Les divergences entre les études et le caractère limité des données disponibles soulignent la nécessité de disposer de méthodes diagnostiques standardisées et d’essais cliniques rigoureux avant que ces résultats puissent être transposés dans la pratique clinique courante.
La présentation par affiche du Dr Kilian lors du congrès de la DGGG 2026 ouvre le débat sur ces résultats avec d’autres spécialistes, ce qui contribue à l’évaluation en cours du rôle du microbiome endométrial en médecine reproductive.

Que faire si le microbiome endométrial vous préoccupe ?
Un échec de transfert d’embryons ne permet pas, à lui seul, de diagnostiquer une endométrite chronique ni un déséquilibre du microbiome. L’utilité d’examens complémentaires dépend de vos antécédents médicaux, des résultats antérieurs et de votre parcours thérapeutique.
Une consultation constructive devrait vous permettre de clarifier ce que l’examen proposé pourrait révéler, s’il modifierait votre plan de traitement et sur quels points des incertitudes subsistent.
La présentation du Dr Kilian soumet cette recherche au débat avec ses collègues lors du congrès DGGG 2026, contribuant ainsi à l’évaluation minutieuse des nouvelles preuves scientifiques en médecine reproductive.
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